Exercices de style autour de l'allocution présidentielle du lundi 13 avril 2020

Exercices de style autour de l'allocution présidentielle du lundi 13 avril 2020
Les citations sont un copier-collé du discours : "Françaises, Français, mes chers compatriotes"

L'égocentrée:
Le 11 mai... Pour mes 41 ans, qui auront lieu le 9 mai 2020, j'avais prévu une grande teuf de déconfinement-crémaillères-anniversairedepleinsdegens... Bon, je vais pas faire ma bêcheuse, j'avais bien compris, les jours passant, que cela n'arriverait pas. Et puis, je crois comprendre que le lundi 11 mai, les enfants pourront reprendre le chemin de l'école pour que les "travailleurs" puissent retourner taffer mais qu'il y aura des restrictions... pas de rassemblement de plus de ... 10, 20, 50, 100, 1000... ? 




La science-politicienne :
- La DETTE... 
La dette... s'asseoir sur la dette... non mais attends, de quoi tu parles ? 
- La dette de l'AFRIQUE.
Parceque l'Afrique rembourse une dette ??? non mais t'es sérieux là ? 

La dette... On les a colonisés... on continue avec Areva, Total and Cie... Et en plus ils remboursent un dette ???

Et en âme charitable, on ne va pas régulariser tous les sans-papiers, comme cela a été fait au Portugal (cf. renseigne-toi y a des articles dans des médias "sérieux" sur ce sujet).  On ne va pas non plus annoncer, le renouvellement des cartes de séjour de dix ans, à tant de gens qui vivent en France, y travaillent, y aiment, y élèvent des enfants, y ont des ami.e.s. 
Non, ça non...

On va annuler une dette qui n'a pas lieu d'être. C'est historique
De quelle façon ? comme l'annulation des loyers et des charges pour les entreprises et les associations et  tutti quanti ? c'est à dire dans le flou ? dans l'effet d'annonce ? ou pour de vrai ? Combien ? à quels pays ? 
Un premier pas vers l'annulation de la dette des pays occidentaux ? Oups... je m'égare...

La féministe :
Tous les métiers sont indiqués au masculin (docteur, infirmier, aide-soignant, policier...)  ou au neutre (secouriste, gendarme). 
Je me dis : Oui mais c'est normal, ça rallongerait trop, ça alourdirait... de dire docteur.esse / infirmier.ère / aide-soignant.e. / policier.ère ... et tutti quanti

Mais que nenni, un nom de métier, dans toute la longue liste, a été féminisé : caissier.ssière
Un seul est féminisé !
Pourquoi ??? moi je dis tous ou aucun. Et si c'est un seul, pourquoi choisir caissière plutôt que chauffeuse de poids lourd ? (car il y en a, et oui messieurs-dames)

L'enmêmetemps :
 On a sucré une partie d'APL aux étudiant.e.s mais là "en même temps" on va faire une aide spéciale pour eux.elles.

La décroissante :
"Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises à venir. Ces quelques évidences s’imposent aujourd’hui à nous mais ne suffiront pas."

La "sobriété" carbonne, quel joli mot, serait aujourd'hui une évidence ? Mais bien-sûr que non ! Les autres non-plus d'ailleurs.  Cela ne fait pas évidence pour la quasi-complète population (je me compte dedans). 
Mais c'est pas tout ! La parole présidentielle, nous dit que cela ne suffira pas ! Il faudra ajouter quoi de plus ? Puisque cela semble d'une impérieuse nécessité, pourquoi alors éluder le mot ? Le mot qui fait si mal à certaines oreilles : LA DECROISSANCE. 


La projetiste-concordante :
"Il y a dans cette crise une chance : nous ressouder et prouver notre humanité, bâtir un autre projet dans la concorde" voix calme et posée du président, sur le mot "projet", qui détonne avec le fameux "Car c'est notre projeeeeeeeet!!!!"  du candidat.
Un autre projet. Le projet version post-covid-19 

La concorde.  
Pas le concorde, hein... parceque celui là, il a fini par se scratcher (et puis il est pas très sobre, "carboniquement" parlant)

La concorde. Oui je souhaite si intimement que ce mot prenne chair  dans "une raison de vivre ensemble profonde. "

L'apéro-bingotiste : (cf. le visuel)
On n'a pas beaucoup bu... 
Bon y a bien eu des gorgées pour  " lorsque l’on est au front" ou des  "comme en temps de guerre"
De toute façon on faisait des abdos...



L’ébranlée
"Le moment que nous vivons est un ébranlement intime et collectif."
Je n'ai rien à rajouter.

La râleuse :
"de vraies réussites [ ...]  le transfert de patients, vers les régions les moins touchées, mais aussi vers le Luxembourg, la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche, que je remercie, la mise en place de l’enseignement à distance, l’organisation de chaînes de solidarité dans nos communes"

Les mots me manquent...La colère bouillonne trop fort. Les mots restent coincés dans mon larynx et ont envie de sortir comme le feu de Drogon et Viseris.
Réussite il y a, de la part de nos voisins, qui ont fait preuve de générosité mais démontre la casse de notre hôpital public.
Réussite, il y a, de la part des enseignants de mes enfants, qui font un boulot formidable,  mais leur présence numérique ne remplacera jamais la qualité de leur enseignement en présentiel. L'enseignement à distance n'est pas une "réussite", c'est un pansement !!


La sudiste :
"Des couvre-feux ont été décidés là où c’était utile mais il ne faut pas rajouter des interdits dans la journée."
Oui mais bon, plus ça va aller et plus le 20h, va être le moment le plus agréable pour sortir (si tu comprends pas, t'es pas du Sud).

La parent-déléguée : 
"organiser différemment le temps et l’espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants, avec le matériel nécessaire." 
Euh... non mais là vous voulez pas nous donner un exemple concret ? Non parce que déjà le dédoublement des CP et des CE1 en REP, ça a causé "la crise du logement" avec des paravents dans des salles de classe, ou des bureaux d'ATSEM réquisitionnés pour devenir salle de classe minuscule. Et je parle pas des effet canicules, en juin, quand il fait 39° dans les classes sans clim, ni isolation. 

La jusqu'au-bout des choses :
"Quand pourrons-nous renouer avec la vie d’avant ? [ ...] J’aimerais tellement pouvoir tout vous dire et vous répondre sur chacune de ces questions. Mais en toute franchise, en toute humilité, nous n’avons pas de réponse définitive à cela."
 Je vais vous le dire, moi en toute franchise et en toute humilité : Jamais !
La France d'après le 17 novembre 2018, la France d'après le 11 mai 2020, ne sera jamais la France d'avant. Comme vous le dîtes les inégalités se creusent, mais il y a aussi, et vous ne le mentionnez pas, le sentiment d’injustice qui enfle. 

La sceptique :
"Il nous faudra rebâtir notre économie plus forte afin de produire et redonner plein espoir à nos salariés, nos entrepreneurs, garder notre indépendance financière. 
Cette partie du discours est-elle compatible avec les précédentes ?  Celles qui parlent de concorde et de résilience

Il nous faudra rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française et plus d’autonomie stratégique pour notre Europe. Cela passera par un plan massif pour notre santé, notre recherche, nos aînés, entre autres."
Avec la politique santé et recherche fondamentale depuis 20 ans ? Avec la politique agricole depuis 60 ans ?  Ou c'est juste un truc pour nous enlever un jour férié supplémentaire ? 




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