Exil de Gatlif au Mémorial du camps de Rivesaltes
Le vent glacial souffle de toute sa puissance au travers du vaste champ de ruines. Un temps adéquat pour pénétrer pour la première fois dans le camp. Le mémorial ressemble un peu à un bunker enterré. Ses murs de bétons ocres, rappellent la terre ouge des alentours. Le couloir pour entrer dans la première salle d’expo est tellement long qu’en marchant on a le temps d’imaginer ce que serait cette distance si on était encore dehors; on a la possibilité d’apprécier l’immensité du camp : Le mémorial est immense et pourtant il ne représente qu’une toute petite partie du camp.
Des photos, des enfants enveloppés dans des couvertures, des adultes, des anarchistes de la retirada, des tziganes, des juifs, des harkis… une valise… des mots “il y a tellement de vent depuis une dizaine de jours, aujourd'hui la carriole a failli se renverser.” elle transportait les gamelles remplis de riz.
Je ne termine pas l’expo, je vais revoir Exil. Déjà 13 ans que je ne l’ai a pas vu, pourtant je m’en rappelle presque parfaitement, comme cela arrive quand une oeuvre nous touche particulièrement . La camera de gatlif qui s’approche si près des corps de lubna et duris, qui flirte avec elle. Je me rappelait particulièrement de la présence de la musique comme un personnage à part entière mais il y a aussi l’eau qui est omniprésente. Ce plan sublime, oú il raconte l’histoire de sa famille, sa voix résonne dans le puits profond, à l’image c’est leur reflet dans l’eau que l’on voit.
Tout leur périple est ponctué par la présence de l’eau. L’eau pour boire et se laver. L’eau va jusqu’à franchir le 4ème mur, lors une bataille d’eau des amoureux, les gouttes éclaboussent l’objectif.
Après la séance, et pour conclure le festival , un magnifique cocktail est dressé. Guacamole pimenté et crevette, tartare de saint Jacques aux graines germées , toast de saumon… quelque chose d’indécent entre ce qu’ils ont vécus ici, tous ces exilés , tous ces déportés , le riz de leur gamelle , et moi qui m'empiffre parce que tout est vraiment très très bon. Comme naïma et zano, les personnages du film, qui présentent leur passeport de français, quand leurs compagnons de route se font arrêter.


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