"être une femme" (selon moi)
Mon amie m'a demandé d'écrire ce que cela voulait dire pour moi "être un femme", pas de ressortir des théories éculées ou non, pas de savoir si on ne née pas femme puisqu'on le devient, pas ce que cela veut dire selon la société ou la télé ou bien la littérature, non ce que cela veut dire "pour moi, d'être une femme".
Forcément, puisque cela relève de l'intime, il va bien falloir être impudique.
Je me rappelle assez précisément de mes premières règles. J'avais douze ans et je me tordais de douleur sur mon lit. Pas la toute première fois que j'ai saigné, cette fois là cela n'avait pas été douloureux, et puis j'avais vite compris ce qui m'arrivait car mon amie de l'époque, de deux ans mon aînée, m'avait expliquée "C'est marron, pas rouge j'ai cru que j'avais fait caca". Elle avait raison, la toute première fois c'était marron. J'avais douze ans, cela devait être la troisième ou la quatrième fois que je saignais et les contractions étaient d'une extrême violence. Je me roulais en boule, me tordais comme un vers, je criais, je pleurais. Ma mère m'avait donné un spasfon et elle tentait de me calmer. Je me souviens d'un ton un peu énervé, un ton assez sec et d'une formulation de ce genre là : "Maintenant il va falloir te calmer, tu vas respirer et tu vas accepter la douleur, car cette douleur tu l'auras tous les mois pendant très longtemps. Toutes les femmes passent par là et tu vas y arriver aussi."
Devenir une femme, cela a voulu dire accepter d'avoir mal.
Je me rappelle à peu près de mon premier amant mais pas de son prénom. Il avait été très doux, dans ces gestes et dans ces mots. J'avais eu un peu mal et il m'avait dit quelque chose de ce genre là : "tu ne dois pas avoir peur d'avoir mal, le plaisir et la douleur sont liés."
Il avait raison dans l'acte de pénétration, pour celle qui est pénétrée, il faut lâcher les peurs, ne pas focaliser sur la douleur et le plaisir arrive.
Une sexualité de femme passe par l'abandon, le lâcher prise et la certitude que le plaisir sera bien plus ample que la douleur.
Bien sûr, mes deux grossesses, accouchements, allaitements restent des expériences physiques et émotionnelles incroyables et inoubliables. Là encore souffrances et plaisirs s'y entremêlent et se répondent. Alors voilà être une femme, pour moi, cela passe par une expérience corporelle. Bien sûr, il y a du formatage, du social, du stéréotype.
Mais moi, intrinsèquement, si je dois me définir comme femme c'est par ces expériences corporelles spécifiques que je n'aurais pas eu si j'avais été un homme.
Après il y a aussi les hormones mais c'est difficile de décrypter, ce qui, dans mon comportement est lié à elles. Il y a l'ocytocine qui me fascine. Surtout depuis que j'ai lu que cette hormone que l'on sécrète lors des relations sexuelles, lors de l'accouchement, de l'allaitement, on la sécrète aussi en quantité quand nous sommes entre femmes.
Les hommes aussi sécrètent de l'ocytocine, cette hormone est à l'origine de l'empathie et de l'attachement mais beaucoup moins, n'ayant pas, eux, besoin de dilater un uterus qu'ils n'ont pas.
Aussi, de l'ocytocine en quantité né un attachement et une empathie à nulle autre pareil, l'amitié féminine.
Dans l'amitié féminine, se niche l'admiration incroyable que l'on porte à l'autre, le désir de lui ressembler, celui de se surpasser pour l'impressionner ou tenter de l'égaler.
En tant que femme, je me construis dans le regard de mes pairs.
Le regard des hommes, le désir des hommes, l'amour des hommes, tout ça aussi m'a fait évoluer et m'a fait femme. Je suis une femme parce qu'il y a des hommes. Parce qu'il y a un corps différent du mien. Et l'une des problématiques est bel et bien de savoir si je "leur" plais.
Si j'étais un homme, je pourrais retourner cette phrase et dire la même chose, je suis un homme parce qu'il y a des femmes etc. Pourtant j'ai l'impression, pressions sociale mise à part, que mon besoin de "plaire" serait moins prégnant, si j'étais un homme.
J'ai toujours eu ce sentiment qu'il y avait beaucoup de femmes incroyablement magnifiques, intellectuellement et physiquement parlant , et peu d'hommes de qui on pouvait dire la même chose.
Et puis du coup, je me suis toujours "gradée" aux autres peut-être ce besoin de "plaire" vient de cette forte concurrence.
Voilà en gros et un peu dans le desordre, ce qui fait la différence entre Céline et Mathias.
Forcément, puisque cela relève de l'intime, il va bien falloir être impudique.
Je me rappelle assez précisément de mes premières règles. J'avais douze ans et je me tordais de douleur sur mon lit. Pas la toute première fois que j'ai saigné, cette fois là cela n'avait pas été douloureux, et puis j'avais vite compris ce qui m'arrivait car mon amie de l'époque, de deux ans mon aînée, m'avait expliquée "C'est marron, pas rouge j'ai cru que j'avais fait caca". Elle avait raison, la toute première fois c'était marron. J'avais douze ans, cela devait être la troisième ou la quatrième fois que je saignais et les contractions étaient d'une extrême violence. Je me roulais en boule, me tordais comme un vers, je criais, je pleurais. Ma mère m'avait donné un spasfon et elle tentait de me calmer. Je me souviens d'un ton un peu énervé, un ton assez sec et d'une formulation de ce genre là : "Maintenant il va falloir te calmer, tu vas respirer et tu vas accepter la douleur, car cette douleur tu l'auras tous les mois pendant très longtemps. Toutes les femmes passent par là et tu vas y arriver aussi."
Devenir une femme, cela a voulu dire accepter d'avoir mal.
Je me rappelle à peu près de mon premier amant mais pas de son prénom. Il avait été très doux, dans ces gestes et dans ces mots. J'avais eu un peu mal et il m'avait dit quelque chose de ce genre là : "tu ne dois pas avoir peur d'avoir mal, le plaisir et la douleur sont liés."
Il avait raison dans l'acte de pénétration, pour celle qui est pénétrée, il faut lâcher les peurs, ne pas focaliser sur la douleur et le plaisir arrive.
Une sexualité de femme passe par l'abandon, le lâcher prise et la certitude que le plaisir sera bien plus ample que la douleur.
Bien sûr, mes deux grossesses, accouchements, allaitements restent des expériences physiques et émotionnelles incroyables et inoubliables. Là encore souffrances et plaisirs s'y entremêlent et se répondent. Alors voilà être une femme, pour moi, cela passe par une expérience corporelle. Bien sûr, il y a du formatage, du social, du stéréotype.
Mais moi, intrinsèquement, si je dois me définir comme femme c'est par ces expériences corporelles spécifiques que je n'aurais pas eu si j'avais été un homme.
Après il y a aussi les hormones mais c'est difficile de décrypter, ce qui, dans mon comportement est lié à elles. Il y a l'ocytocine qui me fascine. Surtout depuis que j'ai lu que cette hormone que l'on sécrète lors des relations sexuelles, lors de l'accouchement, de l'allaitement, on la sécrète aussi en quantité quand nous sommes entre femmes.
Les hommes aussi sécrètent de l'ocytocine, cette hormone est à l'origine de l'empathie et de l'attachement mais beaucoup moins, n'ayant pas, eux, besoin de dilater un uterus qu'ils n'ont pas.
Aussi, de l'ocytocine en quantité né un attachement et une empathie à nulle autre pareil, l'amitié féminine.
Dans l'amitié féminine, se niche l'admiration incroyable que l'on porte à l'autre, le désir de lui ressembler, celui de se surpasser pour l'impressionner ou tenter de l'égaler.
En tant que femme, je me construis dans le regard de mes pairs.
Le regard des hommes, le désir des hommes, l'amour des hommes, tout ça aussi m'a fait évoluer et m'a fait femme. Je suis une femme parce qu'il y a des hommes. Parce qu'il y a un corps différent du mien. Et l'une des problématiques est bel et bien de savoir si je "leur" plais.
Si j'étais un homme, je pourrais retourner cette phrase et dire la même chose, je suis un homme parce qu'il y a des femmes etc. Pourtant j'ai l'impression, pressions sociale mise à part, que mon besoin de "plaire" serait moins prégnant, si j'étais un homme.
J'ai toujours eu ce sentiment qu'il y avait beaucoup de femmes incroyablement magnifiques, intellectuellement et physiquement parlant , et peu d'hommes de qui on pouvait dire la même chose.
Et puis du coup, je me suis toujours "gradée" aux autres peut-être ce besoin de "plaire" vient de cette forte concurrence.
Voilà en gros et un peu dans le desordre, ce qui fait la différence entre Céline et Mathias.


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