Manu aux deferlantes #chronique de concert 2

Croisé à Ida y Vuelta, mon ex m'a dit « Céline, ton problème c'est que tu analyses trop », comme en rigole ma pote Lydia « Je m'en fous, c'est pas pour rien que t'es mon ex ».

Alors voilà pour celles qui l'attendaient, ma chronique des deferlooz :
D'abord un constat générationnel, de la part d'une nana de la frontière, une fin de X, début de Y (on appelle ça Xennnnnnial) :
Ces petites Y (parce que ce sont à chaque fois des filles qui me font le coup – quoi que les gars eux, ont en général un sac à dos de 55kg ce qui n'est pas forcément mieux) sont incapables de comprendre comment une foule danse ensemble, comment, comme dans un pogo ou sur une piste d'auto-tampon, le mouvement collectif peut exister ! Si, petite Y-connasse, tu ne bouges pas d'un iota, que tu prends chaque mouvement dans ton espace comme une agression et que tu ne réponds à la joie et à la danse de l'autre que par une attitude méprisante et violente (et vas-y que je te pousse exprès voire même que je te brûle volontairement avec ma cigarette) tu n'as rien compris et notre monde n'est pas prêt de sortir de la vase.
Et quand dans le concert, la lumière des smartphones en train de filmer remplace les briquets, j'ai encore l'impression qu'on cherche à s'individualiser toujours plus, là où le briquet nous rassemblait au sein d'une communauté pour honorer l'artiste.
Constat générationnel toujours, la foule était tellement plus dense et tellement plus euphorique pour Manu que pour Iggy, ça m'a fait un peu mal au cœur pour l'Iguane, on a pas été à la hauteur de sa performance à lui, mais en même temps son public d'antan était au lit devant louis la broquante. Comment peut-il encore bouger comme cela, lever sa jambe en équerre, hurler et chanter ? Le type , qui pour le coup est carrément un W, a demandé que soit mis en place un escalier pour descendre dans la fosse et toucher le public (je n'ai pas vu tous les concerts mais je n'ai vu aucun autre artiste l'utiliser, l'escalier d'Iggy).
Quand Manu a fait tapé le micro sur son cœur, c'était beau, d'une chanson à une autre il a monté le show, quand il a dédié « à tous les noyés de la Méditerranée » et qu'il a entonné Clandestino, l'émotion était à son paroxysme, j'en avais les larmes aux yeux et je n'étais pas la seule. Un grand moment que j'aurai aimé partagé avec tous mes amis.
Et puis ensuite, après 2 chansons mollassonnes et probablement inédites il a commencé à organiser des rappels au 2/3 de son set et ça a commencé à tourner en rond sévère... Et « Manu rentre chez toi » (comme dirait l'autre dont je ne parlerai pas) ou alors joue nous du son, de la vrai chanson, pas juste des trucs pour te faire applaudir. Même la Patchanka avec le batteur de la Mano était à moitié pas convaincante...
Heureusement que tu as parsemé ça de moment militants : Quand tu as fait monter sur scène, un agriculteur Bio, producteur de sorbet, que tu avais croisé en loge et que ce dernier nous a expliqué avec la banane, qu'il était temps d’arrêter d'aller au supermarché et de trouver des supers maraîchers ou encore quand tu nous a fait chanter « Monsanto Fuerra »...
Pas de mots pour Die Antwoord, c'était de la bombe !!! J'en suis sortie écarlate, reboostée pour l'été !

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